Peut-on valablement faire une comparaison entre l’histoire de l’aviation et celle de l’astronautique ?
En tant que manifestation du génie de l’homme oui bien entendu. En tant que bouleversement pour la vie des humains oui, aussi. Mais faire un parallèle chronologique NON ; car il manque un élément aux historiques premières aéronautiques : le robot, ou en fait l’automate.
Certes les premières formes de vie ont été enlevées dans les air par une montgolfière, un plus léger que l’air. Il y avait des oies, des moutons à son bord le 17 septembre 1783. L’homme suivait rapidement cet exploit le 21 novembre 1783 avec Pilatre de Rosier et le Marquis d’Alandes.
Mais pour un plus lourd que l’air, point de robot, pas plus que de mannequin, seul l’homme pouvait diriger un tel attelage aussi instable qu’il pouvait l’être à ses débuts.
En fait on ne verra les premiers robots aériens volants que vers le début des années trente. En 1933 le Black Knight américain fait sans doute date soit trente ans après le vol du Flyer américain.
C’est en 1890 que le Français Clément Ader fait voler son avion Eole dans un mode de mécanique du vol peu crédible.
Rien dans l’histoire de l’astronautique ne peut lui être comparé sauf à la rigueur le décollage de la première fusée à carburant liquide de l’américain Goddard qui le 16 mars 1926 monte à 25 mètres et atteint 96 km/h. Ce qui au passage fait beaucoup rire les journalistes locaux.
Il faut attendre le vol du 17 décembre 1903 pour voir l’Américain Wilbur Wright faire devant son frère Orville un vol horizontal de 36 mètres de long, à moins de un mètre du sol à Kitty-Hawk. Il fait ainsi entrer dans la légende le Flyer comme étant le premier avion à faire un authentique vol piloté pour la grande Histoire.
L’avion Flyer-3 des frères Wright qui était pilotable. (Photo J.P Taconne F1USE)
Dans l’astronautique on peut-être tenté de mettre en parallèle le vol du premier homme dans l’espace le 12 avril 1961 avec Youri Gagarine. Le Spoutnik-1 ne semble pas avoir d’équivalant (c’était un automate).
Les journaux du 12 avril 1961 en France (Doc France Soir)
Il faudra attendre encore jusqu’au 13 janvier 1908 pour voir un Français, Henri Farman faire le premier vol de 1000 mètres de long sur l’aéroplane Voisin tiré par un moteur à hélice Antoinette de 50 Cv. C’est encore lui qui va réussir la première liaison terrestre de ville à ville le 30 octobre de la même année.
Doit-on poser en parallèle la mission piloté Gemini-8 du 16 mars 1966 avec les pilotes Neil Armstrong et David Scott qui rejoignent dans l’espace une cible inerte Agena, manœuvrent et s’y arriment en concluant le premier rendez-vous spatial complet ?
Ce sera lors d’un célèbre vol avec un autre Français, Louis Blériot, le 25 juillet 1909, à bord de son avion à aile haute le fameux Type XI, tracté par un moteur à hélice Anzani de 25 Cv, que sera franchie la Manche ; France Angleterre. La renommée de ce vol va faire le tour de la Terre car la conséquence en est qu’avec un avion on pourra s’affranchir des frontières naturelles (ou pas) sans plus aucune retenue !
La nouvelle de l’exploit de Blériot en 1909. (Doc journal Le Matin)
Nous serions tenté de lui mettre en parallèle la mission Apollo-11 Américaine de juillet 1969 qui permet d’envoyer marcher sur la Lune Neil Armstrong et son collègue Buz Aldrin, laissant Mike Collins en orbite sélène.
Neil Armstrong sur la Lune en 1969. (Doc NASA 1969)

Si tout cela se tient alors pour la première station orbitale, celle du 19 avril 1971 avec Saliout-1 pouvons nous faire le parallèle avec le célébrissime vol du Ryan Spirit of Saint Louis, qui avec son moteur de 220 Cv fait traverser l’Atlantique au pilote Américain Charles Lindbergh dans le sens Ouest Est. Il faudra en aéronautique attendre trois ans de plus pour qu’un équipage Français Costes et Bellonte sur l’avion Breguet Point d’Interrogation de 600 Cv fassent la même traversée mais dans l’autre sens, en septembre 1930.
Comme vous le voyez dans mon histoire on n’arrive pas à faire un parallèle entre aéronautique et astronautique dans les expériences planétaires robotisée, pas plus qu’avec les vaisseaux de type navette spatiale, et que dire du vol marathon d’un an sur la station orbitale Mir par les cosmonautes Titov et Manarov en 1987-88 ?
je n’ai pas plus de succès avec le franchissement du mur du son en 1947 par le pilote Américain Chuk Yeager, ou alors le premier tour du monde sans escale par une patrouille de Boeing B-52 du SAC de l’USAF en janv 1957. Pour ces extraordinaires étapes, l’astronautique n’a pas encore fait un pas équivalent. Il manque de la technologie, de la maturité, en résumé de l’argent.
La seule aventure aéronautique qui ne me pose pas de problème reste l’aventure de l’avion fusée Américain North American X-15. Cet avion mixte aérien et spatial a rempli correctement ses missions de 1958 à 1967. Il a volé couramment de 25.000 mètres à 106 km passant du vol aérien au vol spatial, un parfait mariage.
L’avion fusée spatial X-15 de 1960. (Doc North American)
Mon histoire s’arrête là, elle ne me satisfait pas, mais elle me rappelle que de 1903 à nos jours l’avion a progressé en vitesse et en altitude et donc en distance de 50 km/h à 3700 km/h pour l’avion à réaction Américain SR-71 Black Night (1966). De moins de un mètre du sol à 80.000 mètres pour le NA-X-15 en 1962 (je ne compte pas les vols spatiaux de l’avion X-15).
De 36 mètres de distance à 40.000 km sur B-52 (ravitaillé en vol) en 1957
Pendant ce temps en astronautique on est passé de 83 kg en orbite basse en 1957 à 200 tonnes pour l’actuelle station orbitale Alpha ISS en 2007, d’un éloignement de la Terre de 600 km à 15 milliards de kilomètres, entre Spoutnik et Voyager-2 (en 2007). Enfin les vitesses auront cru de 27.500 km/h pour Spoutnik-1 à plus de 150.000 km/h pour la sonde Américaine Nouvel Horizon vers Pluton.
Finalement l’écart de temps est du même ordre entre les exploits aériens et spatiaux. Laissons donc se dérouler l’aventure spatiale à son rythme, même si elle me parait désespérément lente maintenant.