A l’époque de la fabrication d’arme de dévastation atomique anti-citée, il fallait bien que les soviétiques fassent encore plus fort que les USA !
Dans la lignée du "bon" Professeur Sakharov et de son collègue Adamski, deux valeureux chercheurs très savants qui, encouragés par Le Président Kroutchev, nous avaient concocté la fusion thermonucléaire façon champignon vénéneux de Moscou, les militaires Russes avaient converti ce bijou de haute science en une terrifiante arme.
Certes de l’autre côté, deux autres super savants, le "bon" Professeur Teller et son collègue Hullman encouragés par le Président Eisenhower, nous avait concocté la fusion thermonucléaire façon champignon vénéneux de Washington, les militaires se frottaient les mains en attendant l’arme.
Qui de ces "valeureux braves hommes" ont été les premiers, impossible à dire, car entre la fusion thermonucléaire explosive avec carburant atomique gelé que l’on peut attribuer en premier aux Américains et la première manifestation de la fusion thermonucléaire sèche que l’on attribue sans contestation aux Russes, il est clair que les bombes Américaine et Russe sont arrivées au même moment dans les arsenaux.
Le test Castel Bravo du 1er mars 1954 se produit sur l’îlot d’Eniwetok (Pacifique) pour le compte des USA. Puissance 15 Mt (avec réfrigérant) et 3 étages avec fortes retombées radiatives.
Tir Castel Bravo USA (Pacifique). (Doc Agence US Atomique)
Le test Binarnaya du 22 novembre 1955 se produit à Semipalatinsk pour le compte de l’URSS. Puissance réduite 1.6 Mt (sèche) et 2 étages (moins de retombées).
Tir Binarnya URSS (Semipalatinsk) (Doc AIEA)

Je rappelle au passage que Little Boy avait développé une énergie de 15 kt sur Hiroshima le 6 août 1945 !
Les deux puissances se retrouvent donc en 1955 à égalité de savoir faire, la terreur prend enfin un sens littéral. Nous pourrions dès lors jouer Armageddon !
J’abrège l’histoire pour en arriver à l’affaire Vanya. Si scientifiquement les Russes ont un impressionnant savoir faire en physique nucléaire, du point de vue technologique ils ont un retard significatif sur les Américains. Tout l’art Russe sera d’utiliser leur génie scientifique pour masquer leur faiblesse technologique (lire : armement).
Castel Bravo va déboucher sur deux standards Américains la MK-17 et la B-41 qui pouvaient faire détonner 25 Mt. Aussi étonnant que cela paraisse les USA ne testèrent jamais ce type d’arme que l’on retrouvait aussi bien sur l’avion B-52 (MK-17) et la B-41 sur l’ICBM Titan.
La bombe H US MK-17 de 25 Mt. (Doc USAF SAC)
Chez les Russes on allait voir ce que l’on allait voir !
Pour une masse de 27 tonnes, dans une enveloppe de métal de 8 mètres de long sur 2 mètres de diamètres le Layer cake de Sakharov s’était transformé en la redoutable Vanya. En fait Vanya était un nom romantique façon Hollywood, de son vrai nom officiel Tzar_Bomba le monstre pouvait déployer une énergie de 100 Mt. Bon, au vue des estimations sur les retombées atomiques il était impensable d’envisager un tel test aérien de cette bombe. Alors, chargée à la moitié de son carburant Tzar_Bomba allait chanter les superlatifs soviétiques.
La bombe H Russe Tsar_Bomba alias Vanya (Doc X)
Tout d’abord n’ayant pas encore de fusée capable d’embarquer la bombe de 27 t (elle était en projet), les Russes modifièrent un bombardier TU-95 en version V capable d’arracher la bombe du sol et de la hisser jusqu’à 11.000 mètres d’altitude.
Le 30 octobre 1961, l’avion avait décollé sa base de Mourmansk et, accompagné d’un avion de reconnaissance TU-16, il avait atteint sa zone de largage à 10.500 mètres d’altitude dans la baie de Mityushikha en Nouvelle Zemble. Trop grosse pour tenir entièrement dans la soute, une bonne partie de la bombe sortait de dessous le ventre du bombardier.
Le bombardier Russe TU-95-V avec la super bombe en route pour la Nouvelle Zemble. (Doc X)
Larguée par gravité, l’avion allégé avait viré vers le Sud et au plus vite il ajoutait les kilomètres aux kilomètres pour échapper au choc atomique. Pour l’aider dans sa tâche, la bombe était freinée par un parachute. Enfin, à 4000 mètres d’altitude, au dessus de Sukhoy Zone C en 73° 85 N et 54° 50 S, la détonation se produisit. En 39 nanosecondes tous le carburant fut transformé en énergie. Un flash inouï se manifesta jusqu’à 1000 km et fut visible depuis la Finlande. Des brulures au 3e degrés furent relevées sur des animaux à plus de 100 km de la verticale du point zéro !
Détonnation de Vanya. (Doc X)
Le champignon vénéneux culmina dans la mésosphère à 60 km d’altitude, tandis que la boule de feu atteignait un diamètre de 40 km. Le choc mécanique allait être sensible à plus de 1000 km et en Finlande des bris verre de vitre de fenêtres ont été enregistrés. On peut dire que les dommages dus au souffle se sont fait sentir jusqu’à 1000 km !
Les observatoires du monde entier ont enregistré ce choc sous forme d’ondes sismiques qui ont fait trois fois le tours du globe avec un effet Richter de 5.25. Pas moins de 2.1*10^17 joules furent produits par l’explosion !
Tel était Tzar_Bomba ; on comprend un peu mieux la paranoïa Américaine dans ces années là.
Au fait, quel était donc ce projet de fusée militaire capable d’arracher du sol une masse de 25 tonnes à porter jusqu’à plus de 10.000 km et une précision CEP de 500 mètres ?
Le plus gros ICBM du monde le lanceur civil Proton (Doc RKA)

L’UR-500, dite Proton (lance Proton) de 1965 qui, cette semaine nous a placé en orbite très elliptique le satellite de télécommunication Américain AMC-14 et que le dernier étage, Russe aussi, Breeze, n’a pu mettre en GTO, elle nous rappelle ce terrible test atomique auquel elle est indirectement liée ; rien n’est parfait...