Les défilés automne-hiver 2026-2027, présentés à New York, Milan, Londres et Paris en début d’année, ont remis le maquillage des yeux au centre du jeu. Smoky charbonneux chez Saint Laurent signé Pat McGrath, fards bleu nuit et vert-de-gris chez Hermès, khôl flou et volontairement imprécis chez Prada : après plusieurs saisons de paupières nues, les podiums affichent de nouveau des regards appuyés.
Pour les porteuses de lunettes de vue, ces tendances posent une question rarement traitée dans les comptes rendus backstage : comment transposer ces looks quand un verre correcteur modifie la taille apparente de l’œil et qu’une monture encadre (ou écrase) chaque nuance de couleur ?
Verres correcteurs et maquillage des yeux : ce que la correction optique change vraiment
Un fard posé à l’identique ne produit pas le même effet selon la correction. Les verres de myopie réduisent visuellement la taille de l’œil, tandis que ceux d’hypermétropie l’agrandissent. Ce paramètre passe souvent inaperçu dans les tutoriels, alors qu’il conditionne le choix de l’intensité pigmentaire et de la zone d’application.
Pour une correction de myopie, le maquillage gagne à être plus marqué : un fard mat posé en creux de paupière paraîtra atténué derrière le verre. À l’inverse, une hypermétropie amplifie chaque trait, ce qui invite à estomper davantage et à éviter les lignes trop nettes au ras des cils.
La vérification la plus utile reste de se maquiller, puis de chausser ses lunettes avant de valider le résultat. Un maquillage des yeux avec des lunettes en automne-hiver 2026 réussi se juge toujours monture sur le nez, pas dans le miroir sans correction.
Le problème des cils contre les verres
Les cils longs ou très recourbés peuvent frotter la surface interne du verre et y déposer des traces de mascara. Une formule qui recourbe plutôt qu’allonge limite ce transfert. L’autre option consiste à faire ajuster la monture par un opticien pour augmenter la distance verre-œil de quelques millimètres, ce qui réduit le contact sans modifier le confort.

Smoky bleu ou prune derrière des lunettes : adapter la couleur tendance à la monture
Le smoky coloré est la déclinaison la plus portée de la saison. Les backstages mentionnent du bleu nuit chez Hermès et un brun terre de Sienne chez Rabanne. Transposé au quotidien, ce type de regard intense se heurte à un choix concret : harmoniser le fard avec la monture ou créer un contraste délibéré.
Une monture noire ou écaille foncée absorbe les teintes sombres. Un smoky prune ou bleu marine risque de se fondre dans le cadre et de perdre sa dimension colorée. Deux pistes fonctionnent mieux que d’autres :
- Sur monture noire épaisse, privilégier un smoky dont la couleur dominante tire vers le bleu cobalt ou le prune vif plutôt que vers le marine éteint, pour que la teinte reste lisible derrière le verre.
- Sur monture fine en métal doré ou argenté, le contraste se fait naturellement : un smoky bleu profond ressort sans effort, et un prune mat gagne en sophistication.
- Sur monture colorée (bordeaux, bleu acier, vert kaki), éviter un fard de la même famille chromatique qui crée un effet monochrome involontaire. Mieux vaut opter pour une teinte complémentaire ou neutre en paupière mobile et réserver la couleur au coin externe.
Estompage et zones de transfert
Les montures reposent sur l’arête du nez et les tempes. Le fond de teint ou l’anticernes posé sur ces zones se déplace au fil de la journée. Pour un smoky coloré, fixer le fard avec une poudre translucide sur la paupière mobile limite la migration pigmentaire. Appliquer une base fixante (primer paupières) avant le fard prolonge aussi la tenue sans épaissir la texture.
Tendances paupières automne-hiver 2026 : au-delà du smoky, ce qui se porte avec des lunettes
Le smoky n’est pas la seule option. Les défilés ont aussi montré des fards métalliques, des textures satinées et un retour du liner graphique, souvent dans des versions plus relâchées que les saisons précédentes.
Le liner estompé, parfois appelé « tired girl » sur les réseaux sociaux, consiste à tracer un trait de crayon ou de khôl puis à le fondre volontairement pour un effet vécu. Derrière des lunettes, ce flou contrôlé pardonne les imprécisions que le verre pourrait révéler avec un trait net. C’est probablement le look le plus simple à adopter pour les porteuses de montures épaisses.
Les fards métalliques, eux, captent la lumière et réfléchissent à travers le verre. Un cuivré ou un bronze posé en voile léger sur la paupière mobile donne un éclat visible même derrière une correction forte. Un fard pailleté appliqué en couche épaisse, en revanche, accentue chaque relief et peut vieillir le regard si les verres grossissent l’œil.

Crayon, mascara et lentilles : les précautions à connaître pour la saison
Les porteuses de lentilles de contact qui alternent avec des lunettes doivent adapter leur routine selon le mode de correction du jour. Poser les lentilles avant le maquillage et les retirer avant le démaquillage reste la recommandation la plus répandue pour limiter les dépôts sur la lentille.
Le crayon appliqué sur le bord interne de la paupière (la ligne d’eau) est déconseillé avec des lentilles : les particules de pigment migrent vers la surface de la lentille et peuvent gêner la vision ou irriter l’œil. Cette restriction ne s’applique pas avec des lunettes, où le crayon waterline reste une option pour intensifier le regard.
Sur la question du mascara, les formules waterproof résistent mieux aux frottements contre les verres, mais elles nécessitent un démaquillant bi-phase ou huileux qui peut laisser un voile gras sur les lentilles si le retrait n’est pas fait dans le bon ordre. Avec des lunettes, ce problème disparaît.
Les tendances couleur de la saison, portées par les rouges profonds sur les lèvres et les fards pigmentés sur les paupières, s’accompagnent d’une densité de produit plus élevée qu’un look naturel. Vérifier la tenue après quelques heures, lunettes portées, permet d’identifier les zones de transfert propres à chaque monture et d’ajuster la quantité de produit la fois suivante.



